Marché immobilier France : 2026 s'ouvre sur une stabilisation bienvenue des taux et des prix 🏠

En résumé
- 📉 Taux de crédit : +0,5 point en janvier, stabilisés autour de 3,20-3,40% selon la durée
- 🏠 Primo-accédants : 50% des crédits accordés, niveau historiquement élevé
- 💰 Prix immobiliers : +0,3% sur un an en France métropolitaine, +0,5% en province
- 📊 Transactions : +12% en 2025 pour le réseau Century 21
- 🔧 DPE réformé : 7 millions de logements gagneront une classe énergétique
- 💡 MaPrimeRénov' : suspendue au 1er janvier 2026 faute de budget
- 🎯 PTZ amélioré : plafonds de ressources revalorisés de 5-10%, accessibilité élargie
Taux de crédit immobilier : légère hausse, mais contexte favorable
Après une année 2025 marquée par la stabilisation, le marché du crédit immobilier démarre 2026 avec une augmentation très modérée des taux. En janvier, les établissements bancaires affichent une hausse moyenne de +0,5 point, établissant les taux autour de 3,20% sur 15 ans, 3,31% sur 20 ans et 3,40% sur 25 ans. Cette progression reste maîtrisée et reflète davantage les évolutions des marchés financiers que des exigences accrues des banques.
Pourquoi cette légère remontée des taux ?
L'augmentation provient principalement de la hausse de l'OAT 10 ans (l'emprunt français de référence), désormais établi autour de 3,60%. Cependant, et c'est une bonne nouvelle, les banques ne répercutent pas mécaniquement ces mouvements auprès des particuliers. Elles acceptent de jouer sur leurs marges pour rester compétitives, ce qui traduit une réelle volonté de relancer la production de crédit, malgré un contexte politique incertain avec un budget 2026 toujours en attente.
Pour les différents profils d'emprunteurs, la situation varie légèrement :
- Profil 0-40 k€ : 3,30% sur 15 ans
- Profil 40-80 k€ : 3,22% sur 15 ans
- Profil > 80 k€ : 3,10% sur 15 ans
Perspectives pour le reste de l'année
Les experts anticipent une remontée progressive jusqu'à 3,40 à 3,50% d'ici la fin du premier trimestre 2026. Cette évolution s'explique par la stabilité attendue des taux directeurs de la Banque centrale européenne, qui devrait maintenir sa politique monétaire face à une inflation encore supérieure à son objectif de 2%.
Marché immobilier France 2026 : stabilisation et perspectives optimistes
Primo-accédants : une dynamique remarquable qui s'affirme
L'une des plus belles surprises du marché immobilier français demeure le retour en force des primo-accédants. Selon le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), près de la moitié des crédits immobiliers accordés au dernier trimestre 2025 l'ont été à des primo-accédants, un niveau historiquement élevé.
Pourquoi cette dynamique ?
Cette tendance s'explique par plusieurs facteurs convergents :
- La stabilisation des taux de crédit, désormais prévisibles et permettant une meilleure planification financière
- La reprise progressive de la production de crédit par les banques, plus enclines à financer les jeunes acheteurs
- L'élargissement du Prêt à Taux Zéro (PTZ) et l'amélioration de ses conditions d'accès
- Les avantages fiscaux maintiens, notamment le taux de notaire réduit à 4,5% pour les primo-accédants
Les aides en 2026
Le dispositif d'accession à la propriété s'est clairement renforcé. Le PTZ, en particulier, bénéficie de revalorisations importantes :
- Augmentation des plafonds de ressources : + 5 à 10% selon les zones, rendant le dispositif accessible à près de 80% des ménages français
- Élargissement du champ d'application : le PTZ ne se limite plus aux seuls appartements neufs en zones A, A bis et B1, mais couvre désormais aussi les maisons individuelles
- Prolongation jusqu'au 31 décembre 2027, donnant du temps aux projets
Cette convergence d'éléments fait de 2026 une année charnière pour l'accession à la propriété, particulièrement pour les jeunes ménages et les familles monoparentales.
Prix immobiliers : la hausse se dessine doucement
Après quatre trimestres consécutifs de baisse en 2024, les prix immobiliers affichent désormais une tendance de reprise. Au deuxième trimestre 2025, les prix des logements anciens ont progressé de +0,3% sur un an en France métropolitaine, pour le second trimestre consécutif. Cette stabilisation intervient après une chute significative qui avait atteint -5% au deuxième trimestre 2024.
Dynamiques régionales contrastées
Les prix évoluent différemment selon les territoires :
- En province, la reprise est plus marquée : +0,5% sur un an au T2 2025, avec une dynamique plus prononcée pour les appartements (+0,7%) que pour les maisons (+0,4%)
- En Île-de-France, la baisse s'atténue fortement : -0,2% au T2 2025, contre -3,7% un an auparavant
- À Paris, les prix affichent enfin une hausse : +0,1% sur un an, marquant la fin des trois années de correction
Prévisions pour la fin 2026
Les observateurs du marché s'attendent à une reprise plus franche à partir du printemps 2026, portée par :
- Une meilleure visibilité économique et fiscale une fois les réformes arbitrées
- Des taux d'intérêt stabilisés autour de 3,1 à 3,3%
- Une demande en recomposition, notamment en faveur des maisons familiales et des biens bien classés énergétiquement
Cependant, cette reprise devrait rester mesurée et sans emballement, le pouvoir d'achat immobilier des ménages restant soumis à des contraintes : hausse du chômage, ralentissement de la croissance économique attendu à 0,6% en 2025.
Immobilier neuf vs ancien : deux trajectoires différentes
Marché de l'ancien : la stabilisation gagne du terrain
Le marché des logements anciens bénéficie directement de la baisse des taux et de la reprise de la confiance. 75% des grandes villes de plus de 100 000 habitants connaissent une hausse de prix, contre seulement 10% un an auparavant. Les agences Century 21, premier réseau français, ont enregistré un rebond de 12% des transactions en 2025, une embellie significative.
Immobilier neuf : un marché segmenté
Le neuf suit une trajectoire différente. Les maisons individuelles profitent clairement de l'élargissement du PTZ, avec une hausse de 1,1% en trois mois. En revanche, les appartements neufs demeurent sous pression, avec une baisse de 0,8% sur un an, freinés par le retrait des investisseurs depuis la fin du dispositif Pinel.
Changements importants au 1er janvier 2026
Plusieurs mesures réglementaires ont pris effet en début d'année et impactent directement l'immobilier :
Suspension de MaPrimeRénov'
Depuis le 1er janvier 2026, MaPrimeRénov', principale aide à la rénovation énergétique, est suspendue. Sans budget voté pour 2026, l'État n'a pas pu maintenir automatiquement ce guichet, ce qui affecte les propriétaires envisageant des travaux de rénovation. Il s'agit d'une suspension administrative, pas d'une suppression définitive.
Nouveau calcul du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)
La méthode de calcul du DPE a été actualisée. Le coefficient de conversion de l'électricité passe de 2,3 à 1,9, ce qui aura des effets importants : environ 7 millions de logements devraient gagner au moins une classe énergétique, et près de 850 000 passoires thermiques (classées F ou G) sortiront de cette catégorie sans nécessiter de travaux.
Cette réforme bénéficiera particulièrement aux petits logements (moins de 15 m²), aux habitations équipées d'une pompe à chaleur et à celles disposant d'un poêle à bois.
Renforcement des exigences énergétiques à la location
Les obligations d'amélioration énergétique pour les biens loués se renforcent : les logements classés G ne peuvent plus être loués depuis janvier 2025, et les biens classés F seront concernés à partir de 2026 pour certaines catégories.
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